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» Catégorie : Reflexions sur la Superficialité


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C’est sûr. Il est mort sous l’indifférence de monsieur et madame Toul’monde. Combien de voitures ont ignoré le petit corps, déjà sans vie, gisant à terre ? Les mêmes qui pleurent toutes les larmes de leur pauvre corps sain. Ceux qui affirment que mes opinions sont dures, alors qu’elles ne sont qu’honnêteté brute. Il a trépassé sur le carrefour que mon bus traverse chaque matin, au moment où j’appelle ma charmante camarade de classe en annonçant un sempiternel retard…Ce lieu où l’on n’attarde guère son regard. J’ai déjà frissonné quant à la vitesse des camions dévalant la départementale; à bicyclette, je n’en menais pas large. Alors qu’en est il de ce mouflet, une trentaine de kilogrammes sur la balance, quand vingt de plus ne feraient pas long feu ? On dit qu’il n’a pas souffert, mais personne n’est revenu de la tombe; une étude sur les guillotinés auraient même prouvé que le cerveau est encore capable d’agir (donc de penser) pendant un laps de temps -très court, certes-. Peut-être la douleur dépasse t-elle tellement le seuil de l’acceptabilité qu’elle en devient presque iréelle. J’entend de toutes part les termes tristesse et compassion. Quant à moi, je ne ressens rien. Peut-être est ce lié à cet état second dans lequel je bascule depuis quelque jours. Ou tout simplement à de réelles conviction  vis à vis de la mort. Je suis persuadée qu’elle nous fait peur car au travers de faits divers nous entrevoyons des situations qui pourraient nous arriver. Alors agissons nous par pur égoïsme ? Le travail de deuil ne doit il pas réalisé par un cercle restreint… On se laisse gagner par des sentiments qui nous empêchent d’agir. La communauté devrait s’insurger contre le manque de sécurité, plutôt que d’encenser les familles d’éternelles condoléances. N’est ce pas son devoir d’être objective ? Nous sommes si… superficiels. Une palette de bleuettes insipides. Comme un énième bouquet sur un marbre froid, qu’untel définitivement parti n’hûmera plus jamais. Fatalité ou Chance de rester parmis ceux qui se jugent vivants (ce qui n’est malheureusement pas l’anthonyme de  »corrompu jusqu’à l’os« .  Et j’en reviens à ressasser ces démagogies malgré moi, pour qu’à fortiori, nul ne les lise. Et peut-être les fantômes existent ils ?

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 Aujourd’hui, mon indifférence m’a marquée. L’autobus a roulé sur les traces du semi-remorque qui a renversé le petit homme. La musique déferlant sur mes oreilles, j’ai constaté avec un morne regard bovin qu’une fois les policiers partis, les véhicules circulaient de plus en plus rapidement. Comme si l’existence tout entière n’était qu’un cycle qui subissait d’obligatoires accidents de parcours qui ne perturbaient jamais son fonctionnement.

Il ne faut pas admirer bêtement le génie américain. Sa superficialité se résume en un paradoxe: il est interdit d’écrire ses opinions sur la statue de la Liberté.

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Elle minaude, même si ses talons aiguille lui blessent les chevilles, entamant sa peau dorée. Je remarque qu’elle vascille comme une petite fille qui voudrait jouer à la princesse en usurpant les chaussures de sa mère. Sa jupe est trop courte et dévoile des baguettes tordues qui lui servent de jambes. Quand elle s’assied, un pied chevauchant l’autre, l’indécence est franchie. Mon bras semble plus épais que ce fin fil de fer. Le flacon indique « ambre d’été« . On dirait plutôt qu’elle a répandu du jus de carotte sur ce corps dont la perfection est déroutante. Ne parlez pas de politique, elle s’en contrebalance. La musique qu’elle écoute sur l’Ipod Touch rose fluo oblige, dépourvu de la moindre rayure est formatée. Elle est ce que je ne veux jamais être. Plus qu’une bimbo qui secoue ses obus refaits en tout sens, plus qu’une allumeuse. Elle n’est qu’un leurre. Au fond, sous ce faible soleil de novembre, il ne m’aurait pas paru improbable qu’elle ne fonde comme la tablette de chocolat auquelle, obsédée par son régime, elle n’a jamais dû toucher.